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Publication du décret relatif à la PPE 3
Publié le 13 février dernier, le décret relatif à la troisième Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE3) définit la stratégie française pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Au-delà des cibles de production, ce document dresse un plan de charge inédit pour les secteurs du génie civil et des travaux publics, actant la relance du nucléaire et l’adaptation massive des réseaux. Vous trouverez ci-joint le texte complet.
Voici les principaux chantiers d’infrastructures confirmés par cette programmation :
1. Nucléaire
La PPE3 marque une rupture stratégique en confirmant la relance de la construction nucléaire, offrant une visibilité de long terme à la filière du génie civil.
- Le chantier phare concerne la construction de six réacteurs EPR2. L’investissement pour la construction de ces unités est évalué à 51,7 milliards d’euros (valeur 2021), avec une mise en service du premier réacteur attendue à l’horizon 2038.
- La stratégie vise à être en mesure de décider, dès 2026, du lancement de huit réacteurs supplémentaires. Par ailleurs, le texte mentionne le soutien aux petits réacteurs modulaires et le renouvellement des usines du cycle du combustible (programme « Aval du futur »), impliquant de nouvelles infrastructures industrielles.
2. Réseaux électriques
L’électrification des usages, notamment pour les transports, nécessite une mise à niveau historique des infrastructures de transport d’électricité.
- Le Schéma décennal de développement du réseau de RTE prévoit un plan d’investissement d’environ 100 milliards d’euros sur 15 ans.
- Ce plan vise à renouveler le réseau pour l’adapter au changement climatique, à raccorder les nouvelles capacités de production et à renforcer la « colonne vertébrale » des lignes à haute et très haute tension.
3. Énergies Renouvelables
Le déploiement des EnR mobilise des segments spécifiques des travaux publics, notamment pour les ouvrages maritimes et les grands terrassements.
- Éolien en mer et aménagements portuaires : Avec un objectif de 15 GW de capacité installée en 2035 (contre 0,84 GW en 2023), la filière nécessitera d’importants travaux d’installation en mer. A terre, cela se traduit par des investissements portuaires pour la logistique industrielle, le dossier citant notamment la modernisation du site du Havre et de nouvelles capacités d’assemblage à Saint-Nazaire.
- Hydroélectricité et STEP : La PPE3 ambitionne d’augmenter les capacités hydroélectriques de 2,8 GW. Cela inclut 1,7 GW via les Stations de Transfert d’Énergie par Pompage (STEP), des ouvrages de génie civil lourds nécessitant la création ou l’extension de réservoirs et de galeries souterraines.
- Renouvellement terrestre : Pour l’éolien terrestre (cible de 35-40 GW en 2035), la priorité est donnée à la remotorisation des parcs existants, impliquant le remplacement des infrastructures pour accueillir des turbines plus puissantes.
4. Construction industrielle et gazière
La stratégie de souveraineté énergétique implique enfin la construction de nouveaux sites de production sur le territoire.
- Le plan soutient l’émergence d’usines pour les panneaux photovoltaïques et vise la construction de quatre giga-usines d’électrolyseurs pour la production d’hydrogène (cible de 8 GW installés en 2035).
- L’objectif de porter l’injection de biométhane entre 47 et 82 TWh en 2035 nécessitera le développement des réseaux de collecte et de raccordement gaziers pour relier les unités de méthanisation.
Consulter le fichier : PPE.pdf |